dimanche, janvier 30, 2011

Comme si un seul Ghannouchi ne suffisait pas !


Pour les non arabophones, la pancarte dit :
"C'est mon identité, ma liberté (sic), mon avenir"
Tunis, le 21-01-2011

En ce dimanche saint de l'an de grâce deux mil onze la Tunisie accueillait triomphalement le dit Cheik (ex-Emir) Rached Ghannouchi grand manipulateur devant l'Eternel ! N'avait-il pas dit en 1988 : "J'ai toute confiance en Dieu et en Ben Ali" ? Il l'avait d'ailleurs soutenu pendant la présidentielle de 1989 et aurait même négocié en secret, avec un certain Moncer Rouissi, l'éventualité d'une union nationale avec le RCD !

L'opportunisme de R. Ghannouchi se conjugue désormais à une patiente quête du pouvoir. Car l'homme est assez intelligent et a trop attendu pour se précipiter la tête la première dans des déclarations du genre "je serai candidat aux prochaines présidentielles". Il préfère tâter le terrain, jauger sa popularité après 20 ans d'exil. Il sait que son heure viendra ; et puis si ce n'est pas lui qui en profite, autant ne pas saborder les chances de son parti ! Il sait toutefois qu'il a une solide base très mobilisable et de nombreux "indécis" qui peuvent basculer de son côté. Il a enfin l'avantage d'avoir, contrairement à l'écrasante majorité des autres formations politiques, un positionnement très clair et un programme facilement "empaquetable" pour séduire le citoyen bêta.

Le péril vert est en marche. Les forces démocratiques doivent se mobiliser afin d'orienter la constitution en genèse vers une mise en place et une protection effective des principes républicains et laïques qui doivent présider à la vie socio-politque du pays. Il faut instaurer des garde-fous qui empêcheraient l'instauration d'une nouvelle dictature et de nouvelles restrictions des libertés. La plus grande vigilance est de mise sinon l'euphorie révolutionnaire risque de se terminer en gueule de bois !

vendredi, janvier 28, 2011

Un Jouini peut en cacher un autre !

Lorsque le Premier ministre a annoncé la composition du nouveau gouvernement de transition, j'ai eu l'agréable surprise de constater qu'il a enfin fait appel à des compétences tunisiennes reconnues qui font depuis longtemps les beaux jours d'institutions étrangères. Le meilleur symbole de ces profils exceptionnels qui manquaient à la Tunisie est incarné par Elyes Jouini dont l'ascension fulgurante l'a mené à la vice présidence de l'Université Paris-Dauphine et qui, rappelons le, a décroché en 2005 le prix du meilleur jeune économiste de France. Il a par ailleurs été administrateur de la Banque de Tunisie jusqu'à ce que la BT soit l'abbréviation de Belhassen Trabelsi et que feu Faouzi Bekahia soit remplacé par Alya Abdallah.

Le casting proposé par Ghannouchi est enfin à la hauteur des attentes de l'opinion publique avec de nombreux technocrates jouisant d'une solide réputation. Seuls Afif Chalbi et Nouri Jouini restent rescapés de l'ère Ben Ali. Le maintien du deuxième me laisse toutefois dubitatif au vu de son CV : conseiller de Ben Ali de 1996 à 2001, secrétaire d'Etat chargé de la privatisation de 2001 à 2002 et depuis cette date ministre du développement en charge notamment du développement régional ! Sans oublier qu'il avait sous sa coupe l'appareil statistique via l'Institut National de la Statistique. Même s'il a "les mains propres", sa compétence en tant que planificateur et superviseur du "modèle de développement tunisien" lui font supporter une bonne part de responsabilité dans l'échec du dit modèle, particulièrement en ce qui concerne le déséquilibre de développement régional.

Il est toutefois rassurant de savoir que désormais Elyes Jouini sera chargé des réformes économiques et sociales et de la coordination avec les ministères concernés ; en espérant qu'il aura le temps et les coudées franches afin d'impulser une vision novatrice qui mette l'économie nationale sur les bons rails.

mardi, janvier 25, 2011

Les bobos sont dans la rue...


Aujourd'hui avait lieu une manifestation de pro-gouvernementaux ou, pour préciser, de ceux qui manifestaient contre les manifestants ! Ils réclamaient un rapide retour à des rythmes scolaire et professionnel normaux. Que cela se fasse avec ce gouvernement ou un autre, la plupart s'en souciait peu... à la limite certains devaient regretter une époque pas si lointaine où l'ordre régnait en maître ! Ceux qui voulaient retourner au travail... ont un travail !! Pour beaucoup d'entre eux il faut bien payer l'école privée et les cours particuliers des enfants, la voiture populaire de madame et le crédit de l'appartement. Bien sur il y a aussi quelques pauvres ouvrières qui veulent retrouver au plus vite leur usine et toucher le salaire de misère qui assure le minimum de subsistance à leur petite famille.

A l'opposé, ceux qui squattent à la Kasbah sont ceux-là mêmes qui n'ayant plus rien à perdre ont payé le plus lourd tribu à l'insurrection des régions du Centre qui s'est transformée par leur courage en cette révolution que tout le monde cherche aujourd'hui à récupérer. C'est cette crainte de se voir une nouvelle fois floués qui pousse les protestataires à exiger un gouvernement qui leur inspire plus de confiance. Ils ne veulent plus de ces ministres qui ont si peu fait pour eux durant des années. Et il n'y a pas que les ministères dits de souveraineté ! La politique industrielle et la politique de développement économique reste au mains des mêmes ministres qui ont failli à promouvoir une répartition plus équitable des fruits de la croissance durant la dernière décennie. Ils ne se sont pas trop ému du sort que pouvait connaître ces populations laissées pour compte. Pourtant les chiffres officiels du chômage dans ces régions étaient très alarmistes depuis des années déjà : de nombreuses délégations des gouvernorats du Centre et du Sud affichaient des taux de chômage frisant voire dépassant les 50 %, trois fois le taux national !! Une véritable poudrière en puissance qui n'attendait que l'étincelle allumée par Bouaazizi paix à son âme.

Alors ces gens sont venus manifester devant les bureaux du Premier ministre pour lui dire qu'ils ne veulent plus de ceux qui les ont si longtemps ignoré. Ils sont venus lui dire aussi qu'ils veulent quelques représentants de leurs régions dans le gouvernement transitoire car celui-ci contient trop d'hommes du passé, trop d'hommes du littoral qui s'est accaparé l'économie du pays. Ils sont simplement venus lui dire qu'ils veulent espérer !

La balle est dans le camp du gouvernement. Comme je l'ai dit dans le post précédent, l'intérêt de la Nation prime sur tout ! Il faut donner des signes rassurants aux populations des régions délaissées car c'est elles qu'il faut convaincre. Il faut s'assurer de leur confiance pour que le gouvernement de transition et les commissions d'enquête indépendantes puissent travailler dans de bonnes conditions durant les mois à venir. Car il ne faut pas se leurrer, cette période ne verra pas s'améliorer de façon notable les conditions de vie à Sidi-Bouzid ou à Kasserine ! D'ailleurs, cela ne fait même pas partie des attributions d'un gouvernement de transition censé gérer les affaires courantes et préparer le passage à un régime démocratique. Néanmoins, les mesures d'aide d'urgence aux victimes, aux sinistrés et aux diplômes chômeurs vont dans le bon sens, celui de l'apaisement. Un remaniement ministériel qui prendrait en compte les revendications des opposants au gouvernement finirait de sceller un climat de confiance qui serait le corollaire de la stabilité dont a besoin le pays pour mener à bien sa transition vers une véritable démocratie tout en préservant ses intérêts économiques.

lundi, janvier 24, 2011

A beau mentir qui vient de loin !

Faut il avoir confiance en Ghannouchi ? Depuis, une semaine qu'il est sur le devant de la scène, le premier ministre-président est loin de faire l'unanimité. Nombreux sont ceux qui le découvrent alors qu'il est premier ministre depuis plus de 11 ans et ministre depuis octobre 1987 dans le gouvernement d'un certain Zine el Abidine Ben Ali. L'homme a toujours été discret et peu enclin à la communication, des qualités très appréciées par l'Omniprésident déchu et qui continuent d'être à son avantage aujourd'hui. Pour beaucoup, les succès économiques de la Tunisie sont à mettre au compte de Ghannouchi alors que la corruption et les malversations étaient uniquement le fait de Ben Ali et ses proches. Mais pouvait-il ne rien savoir ? Il a bien dit que son rôle de premier ministre s'arrêtait à la coordination et qu'il a songé maintes fois à démissionner. Pourtant, pour qui sait comment fonctionnait l'Administration sous Ghannouchi, les ministres étaient pour la plupart des super-secrétaires d'Etat qui rendaient compte au premier ministre et au Président. D'ailleurs, quand les ministres changeaient on gardait généralement le même cabinet ministériel dont le chef était souvent directement désigné par le premier ministère.

Avant la chute de Ben Ali, l'atmosphère au sein de l'Administration était devenue irrespirable. Les fonctionnaires, loin d'espérer un miracle tel que celui du 14 janvier même dans leurs rêves les plus fous, n'avaient plus qu'un souhait : un véritable remaniement ministériel qui sort du traditionnel jeu de chaises musicales. L'attente devenait pesante depuis les présidentielles de 2009 : on attendait un changement de premier ministre et de nouvelles têtes ! Alors nul besoin de dire que la déception était grande de voir qu'au lendemain de la destitution de Ben Ali on continuait avec une équipe gouvernementale largement basée sur des personnalités de l'ancien régime avec à leur tête l'inamovible Ghannouchi. Il n'a pas hésité à confirmer, voire à faire appel, à des ministres et secrétaires d'Etat dont l'implication dans des malversations administratives (attributions de marchés, gestion de biens publics, fiscalité...) ne laisse que peu de doutes. La bouffée d'oxygène tant espérée se fera donc encore attendre !

Pouvait-on faire autrement ? Personne ne peut contester qu'il n'est pas dans l'intérêt du pays qu'une situation de vacance du pouvoir se prolonge. La constitution d'un gouvernement transitoire devait se faire dans l'urgence et il était difficile de mettre tout le monde d'accord. Toutefois, il ne fallait pas être devin pour savoir que l'actuelle équipe serait très contestée. A mon humble avis, un gouvernement de salut national resserré s'imposait. La pléthore de ministres et de secrétaires d'Etat peut donner le mauvais signal que le gouvernement provisoire a vocation de durer. Par ailleurs, certains ministres confirmés dans leur postes et ayant géré des dossiers ''sensibles'' en matière de fiscalité, d'attribution de marchés publics ou de politique de développement concentrent les soupçons (fondés ou infondés) quant à la possibilité de dissimulation ou de destruction de preuves qui entraverait le bon fonctionnement des commissions d'enquête indépendantes. L'argument que ces ministres disposent d'une large expérience qui rend difficile leur remplacement ne tient pas du tout ! S'il est un poste hautement technique et sensible c'est bien celui de Gouverneur de la banque centrale. Pourtant on n'a eu aucun problème à trouver le bon remplaçant en la personne de M. Mustapha Kamel Ennabli qui aurait fait, soit dit en passant, un excellent premier ministre faisant l'unanimité parmi l'opinion publique et les investisseurs aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur. Alors qu'on ne vienne pas nous dire que certains ministères ''techniques'' sont difficiles à combler ! La Tunisie manquerait-elle de compétences en économie, en finance ou en gestion ?!

Toujours à mon humble avis, il n'est pas trop tard pour désamorcer l'actuelle crise gouvernementale. L'interêt suprème du pays exige que tout le monde se mette au travail, le gouvernement et les commissions d'enquête en tête ! Alors pourquoi ne pas maintenir Ghannouchi, qui avec M. Mbazaa assurent le lien constitutionnel, et changer tous les autres ministres pour couper court à la polémique en les remplaçant par des personnalités intègres (peu importe le bord politique). Les commissions d'enquête travailleraient alors avec plus de sérénité et feraient la lumière sur l'implication ou non des anciens membres du gouvernement !

mardi, janvier 18, 2011

Marzouki est rentré... mais pas son site !

Ammar n'est pas encore au chomage à ce qui me semble ! Je n'arrive pas à accéder à www.moncefmarzouki.net ni au cache de google...

Deux ans !

Oui, deux ans de silence... Ulysse n'était plus heureux au "pays du bonheur éternel" et ne croyait plus tellement à l'expression alternative sans cesse muselée par Ammar et ses acolytes ! Mais c'était sans compter avec ce vent de colère venu des terres les plus reculées porté par la volonté des hommes libres (n'est ce pas ainsi que les berbères aiment se désigner ?). Alors aujourd'hui je peux de nouveau paraphraser Darwish : "sur cette terre, il y a ce qui mérite de vivre " !

Merci à tous ceux qui ont sacrifié leur vie pour qu'on puisse de nouveau respirer.

mardi, janvier 27, 2009

A bâtons rompus avec Bourguiba

C'est le titre de la vidéo que j'ai découvert un peu par hasard sur le site de l'INA (excellent au passage). On y retrouve le Combattant Suprême, bien remis de son malaise cardiaque, défendant sa vision d'un monde multipolaire où il faut savoir tirer son épingle du jeu quand on a pas toutes les carte en main !

Bien des propos restent d'actualité encore aujourd'hui... surtout concernant la situation au Moyen Orient. L'Histoire ne cesse de lui donner raison ; et sa conclusion de l'interview, toute en nuance, témoigne de la lucidité du politicien visionnaire qu'il était à l'époque !

mercredi, janvier 21, 2009

De Dylan à Obama...


Il a fallu quatre décennies pour que le vent tourne enfin et souffle des réponses aux questions que Bob Dylan posaient en pleine lutte pour les droits civiques. Aujourd'hui les Etats-Unis ont un président noir ; et même si certains pensent que cette élection tient plus du symbole que de la révolution, on ne pourra pas nier qu'il y aura désormais un avant et un après Obama. Les Etats-Unis ont une fois de plus prouvé leur extraordinaire capacité d'intégration et d'adaptation aux mutations de la société. Dans un pays où la démocratie n'est pas un vain mot, l'opinion publique peut faire son autocritique et élire après Georges W. Bush, un homme de couleur, de père étranger et musulman, complètement inconnu il-y-a à peine deux ou trois ans. C'est pour ça que l'amérique fera toujours rêver !

jeudi, octobre 16, 2008

La classe à l'italienne...

Hier soir se déroulait Italie-Montenegro à Lecce. Lors de l'hymne monténégrin, des ''sifflements stupides'' (ainsi qualifiés par le commentateur de la RAI) ont retenti dans le stade. Mais très vite, tous les joueurs et le staff de la squadra azzura ont commencé à applaudir. Applaudissement aussitot repris dans le public et qui ont vite étouffé les siffleurs. A méditer...

mercredi, octobre 15, 2008

Affaire des sifflets : heureusement que le ridicule ne tue pas !

Nouveau rebondissement dans ‘’l’affaire’’ de la Marseillaise sifflée. Nicolas Sarkozy décide que tout match se déroulant en France et où l’hymne national français est sifflé sera immédiatement arrêté, les membres du gouvernement quitteront immédiatement l'enceinte sportive et les matches amicaux avec le pays concerné seront suspendus ! « Ceux qui veulent siffler un hymne national doivent être privés du match auquel ils sont venus assister » selon le premier ministre François Fillon.

Siffler un hymne national est honteux, car pour qu’il soit entonné, des milliers d’hommes ont sacrifié leurs vies. Mais prendre des mesures aussi extrêmes ne grandit pas la France dont le gouvernement se rabaisse au niveau des siffleurs. La lutte contre les incivilités se transforme en une chasse aux sorcières mais on ne peut tout imposer par la force !

Et que feront les autorités si ce sont de français qui sifflent l’hymne de l’adversaire (comme contre l’Angleterre lors du tournoi des Six Nations) ? Par ailleurs, cette mesure pourrait se transformer en arme à double tranchant : des pro-palestiniens pourraient siffler l’hymne français lors de d’une rencontre France-Israël. Les matches amicaux contre Israël seront-ils pour autant suspendus ?

Il faut punir les fauteurs de trouble et ceux qui viennent au stade pour autre chose que le sport. Mais s’il vous plait épargnez nous les mesures démagogiques qui n’ont rien à voir elles aussi avec le sport.

lundi, octobre 13, 2008

Adieu Grand Jacques

Le 14 octobre 1978, à des milliers de kilomètres de sa Belgique natale, était inhumé Jacques Brel dans le cimetière d'Atuona à Hiva Oa dans l'archipel des Marquises, non loin de la tombe de Paul Gauguin. Les Marquises, îles perdues au milieu de l'immensité du Pacifique, où le chanteur s'était retiré 4 ans plus tôt alors qu'il se savait atteint d'un cancer. Les Marquises, album éponyme enregistré un an avant sa mort, son testament musical et politique diront certains. Un de ces plus beaux albums, sûrement !

En 1990, Barbara écrit une lettre très émouvante à son grand ami disparu qu'elle met superbement en musique dans la chanson Gauguin :

vendredi, août 15, 2008

Darwich… après Soljenitsyne et Chahine

Une bien sinistre semaine que celle qui s’est achevée avec la disparition de Mahmoud Darwich. On était encore sous le choc de la perte de Youssef Chahine, le monde rendait encore hommage à l’œuvre de Soljenitsyne, et voici qu’un autre illustre représentant de l’art engagé décide de tirer sa révérence !

Plus que l’engagement politique, c’est le profond humanisme baignant leurs œuvres qui lie les trois hommes. Trois prophètes de la paix qui n’ont cessé de dénoncer la dictature, l’injustice et l’oppression.

Soljenitsyne et Darwich… bien des parallèles peuvent être établis entre les deux grands écrivains. Deux déçus du communisme, deux exilés qui ont porté la soif de liberté de leurs peuples au-delà des frontières de leurs patries. Si Soljenitsyne a vécu assez pour voir tomber le mur de Berlin – une chute à laquelle il a grandement contribué – Darwich, lui, a dû assister avec amertume à la construction du ‘’mur de la honte’’, une nouvelle cicatrice profonde sur sa terre bien aimée.

Mais Darwich a légué un héritage précieux : il a prouvé que même en privant un peuple de sa terre, on ne peut le priver de l’âme de sa patrie, celle qui hante l’imaginaire collectif à travers une langue et une culture qui forgent une identité plus puissante que les armes.

Il a dû avoir honte Darwich en mourant, honte des larmes de sa pauvre mère qui assistait à ses obsèques. Il est surement triste de rester exilé même dans la mort, enterré loin de son village natal rasé par l’occupant. Mais il est surement fier, fier d’appartenir définitivement à cette terre bénie, de fusionner avec ses arbres, de voler avec ses oiseaux libres. Sa voix majestueuse résonnera encore longtemps de ses poèmes puissants qui embaument notre mémoire.

vendredi, octobre 26, 2007

Le TGV en Tunisie : Trains Gourmands et Vétustes !


A l’occasion de la visite d’Etat que vient d’accomplir Nicolas Sarkozy cette semaine au Maroc, le royaume chérifien a conclu de nombreux contrats avec la France dont le plus important porte sur une ligne à grande vitesse qui devrait relier Casa à Tanger à partir de 2013 : le trajet actuel qui dure plus de quatre heures sera ramené à une heure et demi ! D’autres lignes sont d’ores et déjà envisagées : Casa–Marrakech–Agadir et Casa–Oujda.

Pendant ce temps, la Tunisie ne semble pas nourrir des idées pour ce genre de projets. Alors que le pays disposait à l’aube de l’indépendance d’un réseau qui couvrait une bonne partie du territoire, il s’est réduit au fil des ans tel une peau de chagrin. La Tunisie a raté le virage du chemin de fer en faisant le pari du transport routier : à mesure que les routes et autoroutes se développaient, l’intérêt pour le rail s’affaiblissait.


Pourtant le transport ferroviaire présente de nombreux avantages en termes de sécurité et de développement durable car il est bien moins polluant que les camions et les voitures, surtout si les lignes sont électriques. Malheureusement, en Tunisie, ce sont encore les locomotives thermiques qui prédominent largement : seules les lignes du métro-sahel et du TGM (en plus de celles du métro léger) sont électrifiées. La ligne vers la banlieue sud devrait bientôt se convertir à la traction électrique dans le cadre du projet RFR (Réseau Ferroviaire Rapide du Grand Tunis). L’Etat semble par contre très réticent à développer de nouvelles lignes inter-urbaines : un train rapide Tunis–Hammamet a ainsi été jugé non rentable. Alors pour ce qui est d’un TGV Tunis–Sfax…



Financièrement parlant, il est vrai qu’une nouvelle ligne n’est rentable qu’à long (voire très long) terme. Mais si on prend en compte tous les effets induits en termes de création d’emplois, d’augmentation de trafic, de flux économiques, de gains de temps (Tunis–Sfax en un peu plus d’une heure), la rentabilité économique devrait être rapidement au rendez-vous. De plus, dans le cadre d’une politique de décentralisation et de désengorgement de la capitale, rien ne vaut le rail (et a fortiori le TGV) pour raccourcir les distances.

Une ligne à grande vitesse (LGV) est à peine 30% plus chère qu’une ligne classique mais ce serait un choix résolument tourné vers l’avenir pour se mettre au diapason des pays du nord de la méditerranée. Un projet de LGV entre le Maroc, l’Algérie et la Tunisie est actuellement à l’étude. Mais s’il faut attendre l’UMA pour le concrétiser, mieux vaut patienter jusqu’au prochain train !

lundi, octobre 22, 2007

Au pays de l’Emmental, les moutons noirs sont indésirables !

Dimanche avaient lieu les élections fédérales helvétiques, l’équivalent des élections législatives en Suisse. Elles ont couronné d’une éclatante victoire l’UDC, le parti de droite populiste, qui confirme ainsi sa percée de 2003. Ce parti a fait sa campagne autour du thème de l’immigration brocardant des affiches où on peut voir un mouton noir se faire expulser par des moutons blancs hors de Suisse. Une affiche qui n’a pas manqué d’inspirer le NPD, le parti néo-nazi allemand qui l’a aussitôt palgiée en vue des prochaines élections en Allemagne.

Il est consternant de voir une résurgence des sentiments xénophobes partout en Europe. La mode y est aux partis ‘’populistes’’ qui reprennent à leur compte les idéaux de l’extrême droite, en version ‘’light’’, afin de s’attirer un plus large électorat. Les dernières élections présidentielles françaises ont confirmé cette tendance avec un Sarkozy qui ne s’est pas défendu d’aller à la pêche aux voix du Front National. Il s’en est même félicité en arguant qu’il valait mieux rattraper ces ‘’brebis égarée ‘’ plutôt que de les marginaliser. Il préfère ainsi leur donner satisfaction en durcissant les lois sur l’immigration, en imposant des quotas annuels d’expulsion, en instaurant des tests ADN pour le regroupement familial mais en ne renonçant pas à piller les pays du Tiers Monde de leurs compétences en prônant une "immigration choisie et non pas subie".

Dans un monde où les difficultés économiques se font insistantes dans beaucoup de pays industrialisés et où la peur du terrorisme justifie toutes les dérives sécuritaires, la vieille recette qui consiste à jeter l’anathème sur l’Autre a encore de beaux jours devant elle !


lundi, octobre 15, 2007

‘’Pour la fourmi, la rosée est une inondation’’ (proverbe indien)

Une fois de plus… une fois de trop ! Tunis s’était réveillée groguie hier après les inondations de samedi… les deuxième en moins d’un mois. Pourtant on nous avait dit, comme à la veille de chaque automne, que toutes les précautions avaient été prises, que les canalisations avaient été ramonées, que des bassins de rétention avaient été construit… qu’on pouvait dormir tranquille !

Pourtant les mêmes scènes se répètent inlassablement chaque année : des gens marchant pied nus dans la boue avec de l’eau jusqu’aux genoux, des transports paralysés, des maisons inondées… et pour cette fois des décès qui viennent alourdir le bilan habituel !

A qui la faute ? D’abord, ces phénomènes qui étaient exceptionnels il y a quelques années sont devenus beaucoup plus fréquents. C’est une conséquence directe du réchauffement climatique : la météo est complètement déréglée et il y a une incontestable recrudescence des catastrophes naturelles sous toutes les latitudes. Mais tout de même, les pluies si torrentielles fussent-elles n’avaient rien de comparable avec les cyclones et autres tempêtes tropicales qui sévissent dans l’atlantique nord ou dans le sud-est asiatique !! Tunis n’est pas un petit village du sud de la France ou de la campagne anglaise pour s’entendre dire que ça arrive même dans les pays développés !

Force est de reconnaître que nos infrastructures sont loin de répondre à ce qu’exigeraient les normes pour protéger les nombreux quartiers de la ville et de sa banlieue situés en zones inondables. Face au défi des intempéries, Tunis en tant que capitale et vitrine du pays ne peut pas se permettre de noyer son image alors même que les autres capitales voisines ne connaissent pas ces problèmes à répétition. Tunis mérite un plan d’aménagement à la hauteur de ses ambitions de pôle régional. Car si on veut que le pays devienne un site attractif pour les investisseurs, il faudra leur donner une autre image que celles d’une capitale transformée, à la moindre averse, en Venise sans le charme de ses gondoles !

jeudi, décembre 28, 2006

Delanoë n’est plus…

Non il ne s’agit pas du très médiatique maire de Paris mais d’un artiste de l’ombre… Pierre Delanoë est mort hier à l’age de 88 ans. Vous ne connaissez peut être pas son nom mais vous connaissez certainement au moins quelques unes des chansons qu’il a écrites. La chanson française lui doit plus de 5000 oeuvres parmi lesquelles des dizaines de ‘’tubes’’ !! Prolixe et prolifique, il a su surfer sur toutes les vagues et s’adapter à tous les genres…

Après ses débuts dans les années 50 où il écrit notamment pour Piaf, Guétary et Tino Rossi, Il connaît ses premiers grands succès dans les années 60 avec Gilbert Bécaud pour qui il écrit, entre autres, ‘’Mes mains’’, ‘’Et maintenant’’, ‘’Dimanche à Orly’’, ‘’Nathalie’’, etc. Les années, suivantes, il collabore avec plein d’autres artistes parmi lesquels Hugues Aufrey (pour qui il signe l’album ‘’Aufrey chante Dylan’’), Michel Fugain (‘’Fais comme l’oiseau’’, ‘’Attention mesdames et messieurs’’, ‘’Une belle histoire’’…), Joe Dassin (‘’L’été indien’’, ‘’Le petit pain au chocolat’’, ‘’Les Champs-Élysées’’, ‘’Et si tu n’existais pas’’, ‘’À toi’’…), Gérard Lenorman (‘’La ballade des gens heureux’’, ‘’Si j’était président’’…), Michel Sardou (‘’Les vieux mariés’’, ‘’Le France’’, ‘’La java de Broadway’’…) mais aussi Nicoletta (‘’Mamy Blue’’, ‘’Il est mort le soleil’’), Nana Mouskouri (‘’Quand tu chantes’’, ‘’L’amour en héritage’’…), Sylvie Vartan (‘’La Maritza’’), Michel Polnareff (‘’Le bal des Laze’’), Dalida (‘’Laissez moi danser’’…), François Valéry (‘’Aimons nous vivants’’) et bien d’autres chanteurs (Claude François, Aznavour, Halliday, Mireille Mathieu, Marie-Paule Belle, Nicole Croisille…).

Que de chansons qui nous ont marqué à une époque ou une autre de notre vie et qui sont définitivement inscrites dans la mémoire collective… Salut l’artiste !

lundi, décembre 25, 2006

...


samedi, décembre 23, 2006

INDEX BLOGORUM PROHIBITORUM…

L’index librorum prohibitorum, plus connu sous le nom d’Index, désignait le catalogue des livres interdits, édité par l’Eglise romaine à partir de la fin du XVIème siècle et jusqu’en 1948. Cette pratique fut définitivement abolie après le concile du Vatican II en 1966 par un décret qui stipule, notamment, que «L’index garde sa valeur morale [...] mais n’a plus force de loi ecclésiastique avec les censures qui y sont attachées. L’Église fait confiance à la conscience mûre des fidèles». Ainsi l’Eglise avait pris acte de l’évolution de la société et de l’absurdité de toute atteinte à la liberté d’expression qui ne peut être que contre-productive !

Postons blanc le lundi 25 décembre…

mardi, décembre 12, 2006

Pinochet asesino !

«On amena Victor et on lui ordonna de mettre les mains sur la table. Dans celles de l'officier, une hache apparut. D'un coup sec il coupa les doigts de la main gauche, puis d'un autre coup, ceux de la main droite. On entendit les doigts tomber sur le sol en bois. Le corps de Victor s'écroula lourdement. On entendit le hurlement collectif de 6 000 détenus. L'officier se précipita sur le corps du chanteur-guitariste en criant : " Chante maintenant pour ta putain de mère ", et il continua à le rouer de coups. Tout d'un coup Victor essaya péniblement de se lever et comme un somnambule, se dirigea vers les gradins, ses pas mal assurés, et l'on entendit sa voix qui nous interpellait : " On va faire plaisir au commandant. " Levant ses mains dégoulinantes de sang, d'une voix angoissée, il commença à chanter l'hymne de l'Unité populaire, que tout le monde reprit en choeur. C'en était trop pour les militaires ; on tira une rafale et Victor se plia en avant. D'autres rafales se firent entendre, destinées celles-là à ceux qui avaient chanté avec Victor. Il y eut un véritable écroulement de corps, tombant criblés de balles. Les cris des blessés étaient épouvantables. Mais Victor ne les entendait pas. Il était mort.» (Miguel Cabezas / écrivain, témoin oculaire de la scène)

Tel est le récit du calvaire de Victor Jara, artiste chilien emblématique de la gauche révolutionnaire sud-américaine des années 60. Ca se passait au stade de Santiago du Chili, aujourd’hui rebaptisé ‘’stade Victor Jara’’, là même où il donnait des concerts populaires un an auparavant… Il était connu et adulé, mais combien d’anonymes ont péri sous la dictature de Pinochet ?

‘’Pinochet asesino !’’… Ce sont là les cris de centaines de chiliens réclamant justice lorsque l’ancien dictateur a été inculpé en 1998 par le juge espagnol Garzon pour plus de 3000 assassinats et des dizaines de milliers de cas de torture sous le joug de sa junte militaire… Malheureusement, le gouvernement britannique (son vieil allié) renonce finalement à l’extrader et le renvoie au Chili où il sera à l’abri de la justice internationale jusqu’à sa mort avant-hier ! Il ne répondra donc jamais de ses crimes devant un tribunal… Mais le peuple l’a déjà amplement condamné !

Aujourd’hui Pinochet va être inhumé… il aura droit aux honneurs militaires mais pas à des funérailles officielles ni à un deuil national. Ainsi en a décidé la présidente socialiste Michelle Bachelet, dont le père a été détenu, torturé et tué sous la dictature militaire : une belle revanche de l’Histoire !

mercredi, décembre 06, 2006

Bémol ?!

Ce post est en réalité une réaction à la censure d’un commentaire que j’ai écrit sur un article du blog d’El Greco… celui-ci n’a apparemment pas apprécié que je dise ce que je pense (et je suis loin d’être le seul) au sujet de son ‘’ami’’ Samaranch ! Il a donc écourté mon commentaire tout en gardant la partie qui lui convenait (la phrase de remerciement)… Je trouve que ce n’est pas très sport. Mais si El Greco a appris l’esprit sportif de chez M. Samaranch, ce comportement ne m’étonne guère ! Voici donc ce que j’avais écrit :

« Merci de nous faire partager tes émotions et tes souvenirs Rached ! Un petit bémol cependant si tu le permets : je ne serais pas très fier de côtoyer un personnage aussi controversé que Juan Antonio Samaranch ; ex-secrétaire d'Etat sous la dictature de Franco, il signait ses lettres d'un "je te salue le bras tendu" ! Par ailleurs, s'il a fait grandement évoluer les Jeux Olympiques, il les a aussi transformé en une gigantesque machinerie commerciale qui brasse des milliards de dollars de droits télé ! sous sa présidence, le sport est devenu spectacle de cirque et les enjeux de plus en plus élevés ont fait exploser le dopage ! je rappelle aussi tous les scandales de corruption et de pot-de-vin destinés à soudoyer les membres du CIO pour l'organisation des jeux et tous les micmacs en coulisse : c'est ça aussi le système Samaranch !! Je finirai en citant l’académicien Maurice Druon qui lui a écrit un jour dans une lettre ouverte : "Le cœur de Coubertin repose à Olympie. Est-ce à Wall Street qu’il conviendra de déposer l’urne contenant le vôtre ? " ».

Je constate de plus en plus que beaucoup de bloggers n’acceptent pas qu’on les critique ou qu’on ne soit tout simplement pas d’accord avec leur opinion. Mais où est l’esprit de dialogue dans tout ça ? Si vous ne cherchez que des remerciements et des courbettes faut se déconnecter de la blogosphère : ya assez de faux-cul et de lèche-bottes dans la vie pour gonfler artificiellement son ego !!