mardi, janvier 27, 2009

A bâtons rompus avec Bourguiba

C'est le titre de la vidéo que j'ai découvert un peu par hasard sur le site de l'INA (excellent au passage). On y retrouve le Combattant Suprême, bien remis de son malaise cardiaque, défendant sa vision d'un monde multipolaire où il faut savoir tirer son épingle du jeu quand on a pas toutes les carte en main !

Bien des propos restent d'actualité encore aujourd'hui... surtout concernant la situation au Moyen Orient. L'Histoire ne cesse de lui donner raison ; et sa conclusion de l'interview, toute en nuance, témoigne de la lucidité du politicien visionnaire qu'il était à l'époque !

mercredi, janvier 21, 2009

De Dylan à Obama...


Il a fallu quatre décennies pour que le vent tourne enfin et souffle des réponses aux questions que Bob Dylan posaient en pleine lutte pour les droits civiques. Aujourd'hui les Etats-Unis ont un président noir ; et même si certains pensent que cette élection tient plus du symbole que de la révolution, on ne pourra pas nier qu'il y aura désormais un avant et un après Obama. Les Etats-Unis ont une fois de plus prouvé leur extraordinaire capacité d'intégration et d'adaptation aux mutations de la société. Dans un pays où la démocratie n'est pas un vain mot, l'opinion publique peut faire son autocritique et élire après Georges W. Bush, un homme de couleur, de père étranger et musulman, complètement inconnu il-y-a à peine deux ou trois ans. C'est pour ça que l'amérique fera toujours rêver !

jeudi, octobre 16, 2008

La classe à l'italienne...

Hier soir se déroulait Italie-Montenegro à Lecce. Lors de l'hymne monténégrin, des ''sifflements stupides'' (ainsi qualifiés par le commentateur de la RAI) ont retenti dans le stade. Mais très vite, tous les joueurs et le staff de la squadra azzura ont commencé à applaudir. Applaudissement aussitot repris dans le public et qui ont vite étouffé les siffleurs. A méditer...

mercredi, octobre 15, 2008

Affaire des sifflets : heureusement que le ridicule ne tue pas !

Nouveau rebondissement dans ‘’l’affaire’’ de la Marseillaise sifflée. Nicolas Sarkozy décide que tout match se déroulant en France et où l’hymne national français est sifflé sera immédiatement arrêté, les membres du gouvernement quitteront immédiatement l'enceinte sportive et les matches amicaux avec le pays concerné seront suspendus ! « Ceux qui veulent siffler un hymne national doivent être privés du match auquel ils sont venus assister » selon le premier ministre François Fillon.

Siffler un hymne national est honteux, car pour qu’il soit entonné, des milliers d’hommes ont sacrifié leurs vies. Mais prendre des mesures aussi extrêmes ne grandit pas la France dont le gouvernement se rabaisse au niveau des siffleurs. La lutte contre les incivilités se transforme en une chasse aux sorcières mais on ne peut tout imposer par la force !

Et que feront les autorités si ce sont de français qui sifflent l’hymne de l’adversaire (comme contre l’Angleterre lors du tournoi des Six Nations) ? Par ailleurs, cette mesure pourrait se transformer en arme à double tranchant : des pro-palestiniens pourraient siffler l’hymne français lors de d’une rencontre France-Israël. Les matches amicaux contre Israël seront-ils pour autant suspendus ?

Il faut punir les fauteurs de trouble et ceux qui viennent au stade pour autre chose que le sport. Mais s’il vous plait épargnez nous les mesures démagogiques qui n’ont rien à voir elles aussi avec le sport.

lundi, octobre 13, 2008

Adieu Grand Jacques

Le 14 octobre 1978, à des milliers de kilomètres de sa Belgique natale, était inhumé Jacques Brel dans le cimetière d'Atuona à Hiva Oa dans l'archipel des Marquises, non loin de la tombe de Paul Gauguin. Les Marquises, îles perdues au milieu de l'immensité du Pacifique, où le chanteur s'était retiré 4 ans plus tôt alors qu'il se savait atteint d'un cancer. Les Marquises, album éponyme enregistré un an avant sa mort, son testament musical et politique diront certains. Un de ces plus beaux albums, sûrement !

En 1990, Barbara écrit une lettre très émouvante à son grand ami disparu qu'elle met superbement en musique dans la chanson Gauguin :

vendredi, août 15, 2008

Darwich… après Soljenitsyne et Chahine

Une bien sinistre semaine que celle qui s’est achevée avec la disparition de Mahmoud Darwich. On était encore sous le choc de la perte de Youssef Chahine, le monde rendait encore hommage à l’œuvre de Soljenitsyne, et voici qu’un autre illustre représentant de l’art engagé décide de tirer sa révérence !

Plus que l’engagement politique, c’est le profond humanisme baignant leurs œuvres qui lie les trois hommes. Trois prophètes de la paix qui n’ont cessé de dénoncer la dictature, l’injustice et l’oppression.

Soljenitsyne et Darwich… bien des parallèles peuvent être établis entre les deux grands écrivains. Deux déçus du communisme, deux exilés qui ont porté la soif de liberté de leurs peuples au-delà des frontières de leurs patries. Si Soljenitsyne a vécu assez pour voir tomber le mur de Berlin – une chute à laquelle il a grandement contribué – Darwich, lui, a dû assister avec amertume à la construction du ‘’mur de la honte’’, une nouvelle cicatrice profonde sur sa terre bien aimée.

Mais Darwich a légué un héritage précieux : il a prouvé que même en privant un peuple de sa terre, on ne peut le priver de l’âme de sa patrie, celle qui hante l’imaginaire collectif à travers une langue et une culture qui forgent une identité plus puissante que les armes.

Il a dû avoir honte Darwich en mourant, honte des larmes de sa pauvre mère qui assistait à ses obsèques. Il est surement triste de rester exilé même dans la mort, enterré loin de son village natal rasé par l’occupant. Mais il est surement fier, fier d’appartenir définitivement à cette terre bénie, de fusionner avec ses arbres, de voler avec ses oiseaux libres. Sa voix majestueuse résonnera encore longtemps de ses poèmes puissants qui embaument notre mémoire.

vendredi, octobre 26, 2007

Le TGV en Tunisie : Trains Gourmands et Vétustes !


A l’occasion de la visite d’Etat que vient d’accomplir Nicolas Sarkozy cette semaine au Maroc, le royaume chérifien a conclu de nombreux contrats avec la France dont le plus important porte sur une ligne à grande vitesse qui devrait relier Casa à Tanger à partir de 2013 : le trajet actuel qui dure plus de quatre heures sera ramené à une heure et demi ! D’autres lignes sont d’ores et déjà envisagées : Casa–Marrakech–Agadir et Casa–Oujda.

Pendant ce temps, la Tunisie ne semble pas nourrir des idées pour ce genre de projets. Alors que le pays disposait à l’aube de l’indépendance d’un réseau qui couvrait une bonne partie du territoire, il s’est réduit au fil des ans tel une peau de chagrin. La Tunisie a raté le virage du chemin de fer en faisant le pari du transport routier : à mesure que les routes et autoroutes se développaient, l’intérêt pour le rail s’affaiblissait.


Pourtant le transport ferroviaire présente de nombreux avantages en termes de sécurité et de développement durable car il est bien moins polluant que les camions et les voitures, surtout si les lignes sont électriques. Malheureusement, en Tunisie, ce sont encore les locomotives thermiques qui prédominent largement : seules les lignes du métro-sahel et du TGM (en plus de celles du métro léger) sont électrifiées. La ligne vers la banlieue sud devrait bientôt se convertir à la traction électrique dans le cadre du projet RFR (Réseau Ferroviaire Rapide du Grand Tunis). L’Etat semble par contre très réticent à développer de nouvelles lignes inter-urbaines : un train rapide Tunis–Hammamet a ainsi été jugé non rentable. Alors pour ce qui est d’un TGV Tunis–Sfax…



Financièrement parlant, il est vrai qu’une nouvelle ligne n’est rentable qu’à long (voire très long) terme. Mais si on prend en compte tous les effets induits en termes de création d’emplois, d’augmentation de trafic, de flux économiques, de gains de temps (Tunis–Sfax en un peu plus d’une heure), la rentabilité économique devrait être rapidement au rendez-vous. De plus, dans le cadre d’une politique de décentralisation et de désengorgement de la capitale, rien ne vaut le rail (et a fortiori le TGV) pour raccourcir les distances.

Une ligne à grande vitesse (LGV) est à peine 30% plus chère qu’une ligne classique mais ce serait un choix résolument tourné vers l’avenir pour se mettre au diapason des pays du nord de la méditerranée. Un projet de LGV entre le Maroc, l’Algérie et la Tunisie est actuellement à l’étude. Mais s’il faut attendre l’UMA pour le concrétiser, mieux vaut patienter jusqu’au prochain train !

lundi, octobre 22, 2007

Au pays de l’Emmental, les moutons noirs sont indésirables !

Dimanche avaient lieu les élections fédérales helvétiques, l’équivalent des élections législatives en Suisse. Elles ont couronné d’une éclatante victoire l’UDC, le parti de droite populiste, qui confirme ainsi sa percée de 2003. Ce parti a fait sa campagne autour du thème de l’immigration brocardant des affiches où on peut voir un mouton noir se faire expulser par des moutons blancs hors de Suisse. Une affiche qui n’a pas manqué d’inspirer le NPD, le parti néo-nazi allemand qui l’a aussitôt palgiée en vue des prochaines élections en Allemagne.

Il est consternant de voir une résurgence des sentiments xénophobes partout en Europe. La mode y est aux partis ‘’populistes’’ qui reprennent à leur compte les idéaux de l’extrême droite, en version ‘’light’’, afin de s’attirer un plus large électorat. Les dernières élections présidentielles françaises ont confirmé cette tendance avec un Sarkozy qui ne s’est pas défendu d’aller à la pêche aux voix du Front National. Il s’en est même félicité en arguant qu’il valait mieux rattraper ces ‘’brebis égarée ‘’ plutôt que de les marginaliser. Il préfère ainsi leur donner satisfaction en durcissant les lois sur l’immigration, en imposant des quotas annuels d’expulsion, en instaurant des tests ADN pour le regroupement familial mais en ne renonçant pas à piller les pays du Tiers Monde de leurs compétences en prônant une "immigration choisie et non pas subie".

Dans un monde où les difficultés économiques se font insistantes dans beaucoup de pays industrialisés et où la peur du terrorisme justifie toutes les dérives sécuritaires, la vieille recette qui consiste à jeter l’anathème sur l’Autre a encore de beaux jours devant elle !


lundi, octobre 15, 2007

‘’Pour la fourmi, la rosée est une inondation’’ (proverbe indien)

Une fois de plus… une fois de trop ! Tunis s’était réveillée groguie hier après les inondations de samedi… les deuxième en moins d’un mois. Pourtant on nous avait dit, comme à la veille de chaque automne, que toutes les précautions avaient été prises, que les canalisations avaient été ramonées, que des bassins de rétention avaient été construit… qu’on pouvait dormir tranquille !

Pourtant les mêmes scènes se répètent inlassablement chaque année : des gens marchant pied nus dans la boue avec de l’eau jusqu’aux genoux, des transports paralysés, des maisons inondées… et pour cette fois des décès qui viennent alourdir le bilan habituel !

A qui la faute ? D’abord, ces phénomènes qui étaient exceptionnels il y a quelques années sont devenus beaucoup plus fréquents. C’est une conséquence directe du réchauffement climatique : la météo est complètement déréglée et il y a une incontestable recrudescence des catastrophes naturelles sous toutes les latitudes. Mais tout de même, les pluies si torrentielles fussent-elles n’avaient rien de comparable avec les cyclones et autres tempêtes tropicales qui sévissent dans l’atlantique nord ou dans le sud-est asiatique !! Tunis n’est pas un petit village du sud de la France ou de la campagne anglaise pour s’entendre dire que ça arrive même dans les pays développés !

Force est de reconnaître que nos infrastructures sont loin de répondre à ce qu’exigeraient les normes pour protéger les nombreux quartiers de la ville et de sa banlieue situés en zones inondables. Face au défi des intempéries, Tunis en tant que capitale et vitrine du pays ne peut pas se permettre de noyer son image alors même que les autres capitales voisines ne connaissent pas ces problèmes à répétition. Tunis mérite un plan d’aménagement à la hauteur de ses ambitions de pôle régional. Car si on veut que le pays devienne un site attractif pour les investisseurs, il faudra leur donner une autre image que celles d’une capitale transformée, à la moindre averse, en Venise sans le charme de ses gondoles !

jeudi, décembre 28, 2006

Delanoë n’est plus…

Non il ne s’agit pas du très médiatique maire de Paris mais d’un artiste de l’ombre… Pierre Delanoë est mort hier à l’age de 88 ans. Vous ne connaissez peut être pas son nom mais vous connaissez certainement au moins quelques unes des chansons qu’il a écrites. La chanson française lui doit plus de 5000 oeuvres parmi lesquelles des dizaines de ‘’tubes’’ !! Prolixe et prolifique, il a su surfer sur toutes les vagues et s’adapter à tous les genres…

Après ses débuts dans les années 50 où il écrit notamment pour Piaf, Guétary et Tino Rossi, Il connaît ses premiers grands succès dans les années 60 avec Gilbert Bécaud pour qui il écrit, entre autres, ‘’Mes mains’’, ‘’Et maintenant’’, ‘’Dimanche à Orly’’, ‘’Nathalie’’, etc. Les années, suivantes, il collabore avec plein d’autres artistes parmi lesquels Hugues Aufrey (pour qui il signe l’album ‘’Aufrey chante Dylan’’), Michel Fugain (‘’Fais comme l’oiseau’’, ‘’Attention mesdames et messieurs’’, ‘’Une belle histoire’’…), Joe Dassin (‘’L’été indien’’, ‘’Le petit pain au chocolat’’, ‘’Les Champs-Élysées’’, ‘’Et si tu n’existais pas’’, ‘’À toi’’…), Gérard Lenorman (‘’La ballade des gens heureux’’, ‘’Si j’était président’’…), Michel Sardou (‘’Les vieux mariés’’, ‘’Le France’’, ‘’La java de Broadway’’…) mais aussi Nicoletta (‘’Mamy Blue’’, ‘’Il est mort le soleil’’), Nana Mouskouri (‘’Quand tu chantes’’, ‘’L’amour en héritage’’…), Sylvie Vartan (‘’La Maritza’’), Michel Polnareff (‘’Le bal des Laze’’), Dalida (‘’Laissez moi danser’’…), François Valéry (‘’Aimons nous vivants’’) et bien d’autres chanteurs (Claude François, Aznavour, Halliday, Mireille Mathieu, Marie-Paule Belle, Nicole Croisille…).

Que de chansons qui nous ont marqué à une époque ou une autre de notre vie et qui sont définitivement inscrites dans la mémoire collective… Salut l’artiste !

lundi, décembre 25, 2006

...


samedi, décembre 23, 2006

INDEX BLOGORUM PROHIBITORUM…

L’index librorum prohibitorum, plus connu sous le nom d’Index, désignait le catalogue des livres interdits, édité par l’Eglise romaine à partir de la fin du XVIème siècle et jusqu’en 1948. Cette pratique fut définitivement abolie après le concile du Vatican II en 1966 par un décret qui stipule, notamment, que «L’index garde sa valeur morale [...] mais n’a plus force de loi ecclésiastique avec les censures qui y sont attachées. L’Église fait confiance à la conscience mûre des fidèles». Ainsi l’Eglise avait pris acte de l’évolution de la société et de l’absurdité de toute atteinte à la liberté d’expression qui ne peut être que contre-productive !

Postons blanc le lundi 25 décembre…

mardi, décembre 12, 2006

Pinochet asesino !

«On amena Victor et on lui ordonna de mettre les mains sur la table. Dans celles de l'officier, une hache apparut. D'un coup sec il coupa les doigts de la main gauche, puis d'un autre coup, ceux de la main droite. On entendit les doigts tomber sur le sol en bois. Le corps de Victor s'écroula lourdement. On entendit le hurlement collectif de 6 000 détenus. L'officier se précipita sur le corps du chanteur-guitariste en criant : " Chante maintenant pour ta putain de mère ", et il continua à le rouer de coups. Tout d'un coup Victor essaya péniblement de se lever et comme un somnambule, se dirigea vers les gradins, ses pas mal assurés, et l'on entendit sa voix qui nous interpellait : " On va faire plaisir au commandant. " Levant ses mains dégoulinantes de sang, d'une voix angoissée, il commença à chanter l'hymne de l'Unité populaire, que tout le monde reprit en choeur. C'en était trop pour les militaires ; on tira une rafale et Victor se plia en avant. D'autres rafales se firent entendre, destinées celles-là à ceux qui avaient chanté avec Victor. Il y eut un véritable écroulement de corps, tombant criblés de balles. Les cris des blessés étaient épouvantables. Mais Victor ne les entendait pas. Il était mort.» (Miguel Cabezas / écrivain, témoin oculaire de la scène)

Tel est le récit du calvaire de Victor Jara, artiste chilien emblématique de la gauche révolutionnaire sud-américaine des années 60. Ca se passait au stade de Santiago du Chili, aujourd’hui rebaptisé ‘’stade Victor Jara’’, là même où il donnait des concerts populaires un an auparavant… Il était connu et adulé, mais combien d’anonymes ont péri sous la dictature de Pinochet ?

‘’Pinochet asesino !’’… Ce sont là les cris de centaines de chiliens réclamant justice lorsque l’ancien dictateur a été inculpé en 1998 par le juge espagnol Garzon pour plus de 3000 assassinats et des dizaines de milliers de cas de torture sous le joug de sa junte militaire… Malheureusement, le gouvernement britannique (son vieil allié) renonce finalement à l’extrader et le renvoie au Chili où il sera à l’abri de la justice internationale jusqu’à sa mort avant-hier ! Il ne répondra donc jamais de ses crimes devant un tribunal… Mais le peuple l’a déjà amplement condamné !

Aujourd’hui Pinochet va être inhumé… il aura droit aux honneurs militaires mais pas à des funérailles officielles ni à un deuil national. Ainsi en a décidé la présidente socialiste Michelle Bachelet, dont le père a été détenu, torturé et tué sous la dictature militaire : une belle revanche de l’Histoire !

mercredi, décembre 06, 2006

Bémol ?!

Ce post est en réalité une réaction à la censure d’un commentaire que j’ai écrit sur un article du blog d’El Greco… celui-ci n’a apparemment pas apprécié que je dise ce que je pense (et je suis loin d’être le seul) au sujet de son ‘’ami’’ Samaranch ! Il a donc écourté mon commentaire tout en gardant la partie qui lui convenait (la phrase de remerciement)… Je trouve que ce n’est pas très sport. Mais si El Greco a appris l’esprit sportif de chez M. Samaranch, ce comportement ne m’étonne guère ! Voici donc ce que j’avais écrit :

« Merci de nous faire partager tes émotions et tes souvenirs Rached ! Un petit bémol cependant si tu le permets : je ne serais pas très fier de côtoyer un personnage aussi controversé que Juan Antonio Samaranch ; ex-secrétaire d'Etat sous la dictature de Franco, il signait ses lettres d'un "je te salue le bras tendu" ! Par ailleurs, s'il a fait grandement évoluer les Jeux Olympiques, il les a aussi transformé en une gigantesque machinerie commerciale qui brasse des milliards de dollars de droits télé ! sous sa présidence, le sport est devenu spectacle de cirque et les enjeux de plus en plus élevés ont fait exploser le dopage ! je rappelle aussi tous les scandales de corruption et de pot-de-vin destinés à soudoyer les membres du CIO pour l'organisation des jeux et tous les micmacs en coulisse : c'est ça aussi le système Samaranch !! Je finirai en citant l’académicien Maurice Druon qui lui a écrit un jour dans une lettre ouverte : "Le cœur de Coubertin repose à Olympie. Est-ce à Wall Street qu’il conviendra de déposer l’urne contenant le vôtre ? " ».

Je constate de plus en plus que beaucoup de bloggers n’acceptent pas qu’on les critique ou qu’on ne soit tout simplement pas d’accord avec leur opinion. Mais où est l’esprit de dialogue dans tout ça ? Si vous ne cherchez que des remerciements et des courbettes faut se déconnecter de la blogosphère : ya assez de faux-cul et de lèche-bottes dans la vie pour gonfler artificiellement son ego !!

Leçon de vie

Vendredi dernier à Campus, l’émission culturelle de Guillaume Durand sur France2, l’artiste invité était Renaud qui parlait de la sortie de son dernier album ‘’Rouge Sang’’ et de tous les remous qui s’en sont suivis… Mais ce soir-là, ce n’est pas le passage télévisuel de Renaud qui m’a marqué : je l’ai même trouvé un peu décevant à vrai dire ! Après l’interview, Durand s’est retourné vers l’invité suivant, qui était assis à coté de Renaud, un jeune homme d’apparence sage et timide à l’allure tout ce qu’il y a de plus banal et normal ! Durand le présente : Alexandre Jollien, jeune philosophe qui publie ‘’La construction de soi’’ aux éditions du Seuil, un livre qui se veut un manuel de l’usage de la philosophie dans la quête du bonheur et blablabla. A ce stade, je me dis : encore un petit jeune à peine diplômé qui se prend déjà pour Spinoza et vient nous ressasser ses recettes de philo à l’usage des nuls !

Mais dès que Jollien prend la parole, c’est le choc : il se contorsionne pour pouvoir s’exprimer, articule avec peine le moindre mot et grimace dans l’effort afin de se faire comprendre ! Le jeune homme si normal d’apparence est en réalité un handicapé moteur cérébral qui a été victime d’un accident à la naissance : le cordon ombilical l’a étranglé empêchant l’oxygène d’irriguer son cerveau durant l’accouchement ! Je tends alors l’oreille pour pouvoir déchiffrer ce qu’il dit. L’effort vaut la peine : Jollien s’exprime avec éloquence, sa pensée est limpide et on en oublie presque sa différence !

‘’Différence’’, ce mot, que Jollien qualifie de ‘’dangereux’’, il préfère lui substituer celui de ‘’singularité’’ qui exprime mieux l’unicité de l’identité de chacun en ce qu’elle a d’exceptionnel ! Comme tout le monde, Jollien voulait être heureux… mais contrairement à d’autres, il n’a pas attendu qu’on lui offre ce bonheur, qu’on lui en fasse don de charité : si vous n’êtes pas heureux avec vous même, vous ne pouvez pas l’être avec les autres ! Avoir un bon boulot, se marier, avoir de beaux enfant n’est pas la clé du bonheur ! Il faut d’abord s’accepter et assumer pleinement sa singularité. Tel est l’enseignement majeur que Jollien a puisé dans la philosophie ! Son discours est à des années lumières des recettes à deux balles qui fleurissent sur les étagères des librairies sur ‘’Comment être heureux en 30 leçons ?’’.

Plus tard j’ai visité son site sur le net et j’ai découvert que le jeune philosophe n’était pas à son coup d’essai, qu’il avait déjà publié deux autres livres aux titres tout aussi parlants que le dernier : ‘’Eloge de la faiblesse’’ au Cerf et ‘’Le métier d’homme’’ au Seuil ! J’ai découvert aussi qu’il était resté cloîtré jusqu’à l’âge de 17 ans dans un établissement spécialisé, que les médecins le dissuadaient d’entreprendre des études de philo, qu’aujourd’hui il est marié et père de deux enfants… Bref, une vraie leçon de vie prouvant une fois encore que la volonté est au dessus de tout et que rien n’est impossible à celui qui se donne ses propres moyens de réaliser ses propres rêves !

lundi, décembre 04, 2006

Les Passantes (poème d'Antoine Pol)

Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu'on connait à peine
Qu'un destin différent entraîne
Et qu'on ne retrouve jamais

A celle qu'on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s'évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu'on en demeure épanoui

A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu'on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu'on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main

A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d'un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D'un avenir désespérant

Chères images aperçues
Espérances d'un jour déçues
Vous serez dans l'oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu'on se souvienne
Des épisodes du chemin

Mais si l'on a manqué sa vie
On songe avec un peu d'envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu'on n'osa pas prendre
Aux cœurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu'on n'a jamais revus

Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l'on n'a pas su retenir


Ce très beau poème ne nous serait peut-être jamais parvenu s'il n'était par hasard tombé entre les mains de Georges Brassens qui a eu le coup de foudre pour ce texte et l'a merveilleusement mis en chanson. En effet, son auteur Antoine Pol n'était pas considéré comme un écrivain à part entière (notamment en raison de ses activités en tant qu'industriel) et ses oeuvres n'ont eu droit qu'à des publications très confidentielles (quelques centaines d'exemplaires pour la famille et les amis).

Brassens avait bien sûr contacté Antoine Pol afin d'obtenir l'autorisation de mettre son poème en musique. Celui-ci accepta et ils avaient convenu de se rencontrer un mois plus tard... malheureusement, Antoine Pol, alors âgé de 83 ans, est décédé une semaine avant la rencontre ! Brassens a toujours regretté de ne pas l'avoir connu !

mardi, novembre 28, 2006

Conversation...

- Quand est ce que tu rentres ?
- A 23 H…
- C’est un peu tard, non ?
- Je n’crois pas…
- Tu m’aimes ?
- …
- T’as appelé ton frère ?
- Non.
- Il est malade…
- Qu’il crève !
- Ne dis pas ça !
- Pourquoi ?
- C’est ton frère…
- C’est un vrai salaud aussi!
- Ne dis pas ça…
- …
- Tu m’aimes ?
- …
- Pourquoi tu n’dis rien ?
- Parce que je n’ai rien à dire !
- Tu ne m’aimes plus alors ?
- …
- Dis le si tu ne m’aimes pas !
- Non, c’est pas ça…
- Moi je t’aime, tu sais ?
- …
- Pourquoi tu m’fais ça ?
- Je suis fatigué…
- C’est ce que tu dis tout le temps !!
- Je dois te laisser…
- Non s’il te plais… ne raccroche pas !
- Je dois appeler quelqu’un.
- Ah ! encore elle…
- …
- Tu l’aimes plus que moi ?
- …
- Quand est-ce que tu viens ?
- Je n’sais pas…
- Ca fais longtemps tu sais ?
- N’exagère pas !
- Tu m’manques beaucoup mon chéri.
- Ce n’est pas le moment…
- Ce n’est jamais le moment avec toi !
- Ce n’est plus comme avant…
- Je veux te voir !
- Je t’ai dit que je n’peux pas !!
- T’as pas le droit !
- Ecoute, ça ne mène à rien…
- Je t’en prie, ne m’abandonne pas !
- Au revoir maman !
- Attend, je…

vendredi, novembre 17, 2006

JCC ? Journées du Cinéma Censuré !

… où Jeux de Coupes aux Ciseaux ! Hier je me suis rendu à la projection programmée à 15H au Parnasse de ‘’La saveur de la pastèque’’, film taiwanais du réalisateur Tsai Ming-liang ayant reçu, entre autres, le prix FIPRESCI de la Critique Internationale au Festival de Berlin en 2005. Sachant que le film comporte de nombreuses scènes érotico-pornographiques et qu’il a été interdit aux moins de 16 ans lors de sa projection en France, j’ai bien pris soin de m’assurer lors de l’achat de mon ticket qu’aucune ‘’rectification’’ n’a été apportée au programme affiché sur le guichet. Mais comme chez nous la censure s’exerce de façon discrète et sournoise, l’affiche n’a été changée qu’un quart d’heure avant la projection ; le mensonge en plus, puisque le guichetier m’a affirmé avec véhémence que la nouvelle affiche était là depuis longtemps !! J’ai pu donc constater, à mes dépens, que le film a été purement et simplement annulé et remplacé par un autre au dernier moment, comme si de rien n’était !

Cet épisode ne vient que s’ajouter à d’autres ayant entaché par le passé les JCC… Je pense notamment à l’interdiction du film ‘’Fatma’’ de Khaled Ghorbal lors de la session 2002 : on avait été évacué de la salle de l’ABC alors que la projection allait débuter ! Dehors y’avait une mini manifestation de pseudos militants se réclamant d’un syndicalisme douteux et bien connus du Campus de la Manouba où ils exercent leur art de la vocifération haineuse. Ils haranguaient la foule de boycotter le film sous prétexte qu’il avait été projeté en Israël et que son réalisateur était un pro-sioniste favorable à la normalisation avec l’Etat hébreu !! Tout cela sous le regard passif de nombreux policiers et à deux pas du Ministère de l’Intérieur… C’est surtout parce que le contenu du film dérangeait plus d’un et qu’il montrait une face peu reluisante de la condition féminine dans notre société qu’il a été mis à l’Index !

Je veux bien qu’on prétende que les JCC sont une manifestation d’ouverture à tous les Cinémas et véhiculant les plus hautes valeurs de liberté et de tolérance… Mais si les organisateurs n’arrivent pas à assumer leurs choix de programmation, il faudrait être plus honnête et ne prévoir dans ce cas que des films bien gentils et bien lisses, caressant le Public dans le sens du poil et évitant de heurter la sensibilité des uns ou des autres. Mais qu'y gagnerait-on ?

mercredi, novembre 15, 2006

De Retour...

... enfin ! Après presque deux mois de silence (forcé). La Blogosphère m'a manqué durant cette période. En y faisant un petit tour, j'ai d'ailleurs remarqué que la plupart n'ont pas chômé !

Merci à tous ceux qui ont visité mon île durant mon absence et à très bientôt pour de nouveaux posts !

mardi, septembre 26, 2006

... et moi et moi et moi !

J’ai assisté la semaine dernière au congrès organisé à l’occasion de la Consultation Nationale sur l’Exportation en présence de nombreux responsables politiques dont le chef du gouvernement et quatre de ses ministres ainsi que d’un très grand nombre d’entrepreneurs et d’hommes d’affaires.

Lors des ateliers organisés à l’occasion, les participants étaient invités à poser leurs problèmes et à apporter leurs suggestions. J’ai été alors frappé par l’esprit individualiste et attentiste de la plupart de nos chefs d’entreprises. En effet, malgré toutes les aides, les exonérations et les subventions accordées par l’Etat aux exportateurs tunisiens, ceux-ci en réclament toujours plus ! On pouvait, ainsi, entendre des propositions de toute sorte. Encore plus de réductions fiscales bien sur, mais aussi des demandes plus fantaisistes tel que la suppression ou l’allègement des condition d’octroi du certificat de garantie sanitaire qui, aux dires d’un participant, entrave la bonne marche de ses affaires. Je citerai aussi cette femme d’affaire qui exporte pour plus de 6 millions de dinars par an et se plaint du coût du téléphone et « d’avoir à payer à chaque fois la place de parking à l’aéroport ». Cette dernière lamentation a recueilli, par ailleurs, le plein assentiment de l’assistance qui l’a salué d’applaudissements nourris !!

Le plus étonnant c’est que nombre d’entrepreneurs sont ignorants d’une bonne part des aides déjà disponibles et des démarches pour en bénéficier ! Ils sont aussi très peu présents sur le net et n’ont pas encore conscience qu’investir dans la mise en valeur de ses produits à travers un site moderne et attractif est, de nos jours, la meilleure façon de se faire connaître de par le monde.

Pour caricaturer, je dirai que beaucoup de chefs d’entreprises tunisiens aimeraient que l’Etat vienne les prendre par la main, les présente à des partenaires étrangers, s’occupe de l’acheminement de leur marchandise, paye leurs charges et les dispense d’impôts : c’est à croire qu’ils ne veulent faire que du profit pur pour leur seul bénéfice personnel !

On ne peut reprocher à un entrepreneur de chercher à s’enrichir ; mais si l’Etat et la communauté nationale y contribuent à grands frais, c’est pour qu’il y est des retombées sur toute la Nation. John Kennedy avait dit un jour : « Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays »… mais là on touche à une autre mentalité !