vendredi, août 15, 2008

Darwich… après Soljenitsyne et Chahine

Une bien sinistre semaine que celle qui s’est achevée avec la disparition de Mahmoud Darwich. On était encore sous le choc de la perte de Youssef Chahine, le monde rendait encore hommage à l’œuvre de Soljenitsyne, et voici qu’un autre illustre représentant de l’art engagé décide de tirer sa révérence !

Plus que l’engagement politique, c’est le profond humanisme baignant leurs œuvres qui lie les trois hommes. Trois prophètes de la paix qui n’ont cessé de dénoncer la dictature, l’injustice et l’oppression.

Soljenitsyne et Darwich… bien des parallèles peuvent être établis entre les deux grands écrivains. Deux déçus du communisme, deux exilés qui ont porté la soif de liberté de leurs peuples au-delà des frontières de leurs patries. Si Soljenitsyne a vécu assez pour voir tomber le mur de Berlin – une chute à laquelle il a grandement contribué – Darwich, lui, a dû assister avec amertume à la construction du ‘’mur de la honte’’, une nouvelle cicatrice profonde sur sa terre bien aimée.

Mais Darwich a légué un héritage précieux : il a prouvé que même en privant un peuple de sa terre, on ne peut le priver de l’âme de sa patrie, celle qui hante l’imaginaire collectif à travers une langue et une culture qui forgent une identité plus puissante que les armes.

Il a dû avoir honte Darwich en mourant, honte des larmes de sa pauvre mère qui assistait à ses obsèques. Il est surement triste de rester exilé même dans la mort, enterré loin de son village natal rasé par l’occupant. Mais il est surement fier, fier d’appartenir définitivement à cette terre bénie, de fusionner avec ses arbres, de voler avec ses oiseaux libres. Sa voix majestueuse résonnera encore longtemps de ses poèmes puissants qui embaument notre mémoire.

vendredi, octobre 26, 2007

Le TGV en Tunisie : Trains Gourmands et Vétustes !


A l’occasion de la visite d’Etat que vient d’accomplir Nicolas Sarkozy cette semaine au Maroc, le royaume chérifien a conclu de nombreux contrats avec la France dont le plus important porte sur une ligne à grande vitesse qui devrait relier Casa à Tanger à partir de 2013 : le trajet actuel qui dure plus de quatre heures sera ramené à une heure et demi ! D’autres lignes sont d’ores et déjà envisagées : Casa–Marrakech–Agadir et Casa–Oujda.

Pendant ce temps, la Tunisie ne semble pas nourrir des idées pour ce genre de projets. Alors que le pays disposait à l’aube de l’indépendance d’un réseau qui couvrait une bonne partie du territoire, il s’est réduit au fil des ans tel une peau de chagrin. La Tunisie a raté le virage du chemin de fer en faisant le pari du transport routier : à mesure que les routes et autoroutes se développaient, l’intérêt pour le rail s’affaiblissait.


Pourtant le transport ferroviaire présente de nombreux avantages en termes de sécurité et de développement durable car il est bien moins polluant que les camions et les voitures, surtout si les lignes sont électriques. Malheureusement, en Tunisie, ce sont encore les locomotives thermiques qui prédominent largement : seules les lignes du métro-sahel et du TGM (en plus de celles du métro léger) sont électrifiées. La ligne vers la banlieue sud devrait bientôt se convertir à la traction électrique dans le cadre du projet RFR (Réseau Ferroviaire Rapide du Grand Tunis). L’Etat semble par contre très réticent à développer de nouvelles lignes inter-urbaines : un train rapide Tunis–Hammamet a ainsi été jugé non rentable. Alors pour ce qui est d’un TGV Tunis–Sfax…



Financièrement parlant, il est vrai qu’une nouvelle ligne n’est rentable qu’à long (voire très long) terme. Mais si on prend en compte tous les effets induits en termes de création d’emplois, d’augmentation de trafic, de flux économiques, de gains de temps (Tunis–Sfax en un peu plus d’une heure), la rentabilité économique devrait être rapidement au rendez-vous. De plus, dans le cadre d’une politique de décentralisation et de désengorgement de la capitale, rien ne vaut le rail (et a fortiori le TGV) pour raccourcir les distances.

Une ligne à grande vitesse (LGV) est à peine 30% plus chère qu’une ligne classique mais ce serait un choix résolument tourné vers l’avenir pour se mettre au diapason des pays du nord de la méditerranée. Un projet de LGV entre le Maroc, l’Algérie et la Tunisie est actuellement à l’étude. Mais s’il faut attendre l’UMA pour le concrétiser, mieux vaut patienter jusqu’au prochain train !

lundi, octobre 22, 2007

Au pays de l’Emmental, les moutons noirs sont indésirables !

Dimanche avaient lieu les élections fédérales helvétiques, l’équivalent des élections législatives en Suisse. Elles ont couronné d’une éclatante victoire l’UDC, le parti de droite populiste, qui confirme ainsi sa percée de 2003. Ce parti a fait sa campagne autour du thème de l’immigration brocardant des affiches où on peut voir un mouton noir se faire expulser par des moutons blancs hors de Suisse. Une affiche qui n’a pas manqué d’inspirer le NPD, le parti néo-nazi allemand qui l’a aussitôt palgiée en vue des prochaines élections en Allemagne.

Il est consternant de voir une résurgence des sentiments xénophobes partout en Europe. La mode y est aux partis ‘’populistes’’ qui reprennent à leur compte les idéaux de l’extrême droite, en version ‘’light’’, afin de s’attirer un plus large électorat. Les dernières élections présidentielles françaises ont confirmé cette tendance avec un Sarkozy qui ne s’est pas défendu d’aller à la pêche aux voix du Front National. Il s’en est même félicité en arguant qu’il valait mieux rattraper ces ‘’brebis égarée ‘’ plutôt que de les marginaliser. Il préfère ainsi leur donner satisfaction en durcissant les lois sur l’immigration, en imposant des quotas annuels d’expulsion, en instaurant des tests ADN pour le regroupement familial mais en ne renonçant pas à piller les pays du Tiers Monde de leurs compétences en prônant une "immigration choisie et non pas subie".

Dans un monde où les difficultés économiques se font insistantes dans beaucoup de pays industrialisés et où la peur du terrorisme justifie toutes les dérives sécuritaires, la vieille recette qui consiste à jeter l’anathème sur l’Autre a encore de beaux jours devant elle !


lundi, octobre 15, 2007

‘’Pour la fourmi, la rosée est une inondation’’ (proverbe indien)

Une fois de plus… une fois de trop ! Tunis s’était réveillée groguie hier après les inondations de samedi… les deuxième en moins d’un mois. Pourtant on nous avait dit, comme à la veille de chaque automne, que toutes les précautions avaient été prises, que les canalisations avaient été ramonées, que des bassins de rétention avaient été construit… qu’on pouvait dormir tranquille !

Pourtant les mêmes scènes se répètent inlassablement chaque année : des gens marchant pied nus dans la boue avec de l’eau jusqu’aux genoux, des transports paralysés, des maisons inondées… et pour cette fois des décès qui viennent alourdir le bilan habituel !

A qui la faute ? D’abord, ces phénomènes qui étaient exceptionnels il y a quelques années sont devenus beaucoup plus fréquents. C’est une conséquence directe du réchauffement climatique : la météo est complètement déréglée et il y a une incontestable recrudescence des catastrophes naturelles sous toutes les latitudes. Mais tout de même, les pluies si torrentielles fussent-elles n’avaient rien de comparable avec les cyclones et autres tempêtes tropicales qui sévissent dans l’atlantique nord ou dans le sud-est asiatique !! Tunis n’est pas un petit village du sud de la France ou de la campagne anglaise pour s’entendre dire que ça arrive même dans les pays développés !

Force est de reconnaître que nos infrastructures sont loin de répondre à ce qu’exigeraient les normes pour protéger les nombreux quartiers de la ville et de sa banlieue situés en zones inondables. Face au défi des intempéries, Tunis en tant que capitale et vitrine du pays ne peut pas se permettre de noyer son image alors même que les autres capitales voisines ne connaissent pas ces problèmes à répétition. Tunis mérite un plan d’aménagement à la hauteur de ses ambitions de pôle régional. Car si on veut que le pays devienne un site attractif pour les investisseurs, il faudra leur donner une autre image que celles d’une capitale transformée, à la moindre averse, en Venise sans le charme de ses gondoles !

jeudi, décembre 28, 2006

Delanoë n’est plus…

Non il ne s’agit pas du très médiatique maire de Paris mais d’un artiste de l’ombre… Pierre Delanoë est mort hier à l’age de 88 ans. Vous ne connaissez peut être pas son nom mais vous connaissez certainement au moins quelques unes des chansons qu’il a écrites. La chanson française lui doit plus de 5000 oeuvres parmi lesquelles des dizaines de ‘’tubes’’ !! Prolixe et prolifique, il a su surfer sur toutes les vagues et s’adapter à tous les genres…

Après ses débuts dans les années 50 où il écrit notamment pour Piaf, Guétary et Tino Rossi, Il connaît ses premiers grands succès dans les années 60 avec Gilbert Bécaud pour qui il écrit, entre autres, ‘’Mes mains’’, ‘’Et maintenant’’, ‘’Dimanche à Orly’’, ‘’Nathalie’’, etc. Les années, suivantes, il collabore avec plein d’autres artistes parmi lesquels Hugues Aufrey (pour qui il signe l’album ‘’Aufrey chante Dylan’’), Michel Fugain (‘’Fais comme l’oiseau’’, ‘’Attention mesdames et messieurs’’, ‘’Une belle histoire’’…), Joe Dassin (‘’L’été indien’’, ‘’Le petit pain au chocolat’’, ‘’Les Champs-Élysées’’, ‘’Et si tu n’existais pas’’, ‘’À toi’’…), Gérard Lenorman (‘’La ballade des gens heureux’’, ‘’Si j’était président’’…), Michel Sardou (‘’Les vieux mariés’’, ‘’Le France’’, ‘’La java de Broadway’’…) mais aussi Nicoletta (‘’Mamy Blue’’, ‘’Il est mort le soleil’’), Nana Mouskouri (‘’Quand tu chantes’’, ‘’L’amour en héritage’’…), Sylvie Vartan (‘’La Maritza’’), Michel Polnareff (‘’Le bal des Laze’’), Dalida (‘’Laissez moi danser’’…), François Valéry (‘’Aimons nous vivants’’) et bien d’autres chanteurs (Claude François, Aznavour, Halliday, Mireille Mathieu, Marie-Paule Belle, Nicole Croisille…).

Que de chansons qui nous ont marqué à une époque ou une autre de notre vie et qui sont définitivement inscrites dans la mémoire collective… Salut l’artiste !

lundi, décembre 25, 2006

...


samedi, décembre 23, 2006

INDEX BLOGORUM PROHIBITORUM…

L’index librorum prohibitorum, plus connu sous le nom d’Index, désignait le catalogue des livres interdits, édité par l’Eglise romaine à partir de la fin du XVIème siècle et jusqu’en 1948. Cette pratique fut définitivement abolie après le concile du Vatican II en 1966 par un décret qui stipule, notamment, que «L’index garde sa valeur morale [...] mais n’a plus force de loi ecclésiastique avec les censures qui y sont attachées. L’Église fait confiance à la conscience mûre des fidèles». Ainsi l’Eglise avait pris acte de l’évolution de la société et de l’absurdité de toute atteinte à la liberté d’expression qui ne peut être que contre-productive !

Postons blanc le lundi 25 décembre…

mardi, décembre 12, 2006

Pinochet asesino !

«On amena Victor et on lui ordonna de mettre les mains sur la table. Dans celles de l'officier, une hache apparut. D'un coup sec il coupa les doigts de la main gauche, puis d'un autre coup, ceux de la main droite. On entendit les doigts tomber sur le sol en bois. Le corps de Victor s'écroula lourdement. On entendit le hurlement collectif de 6 000 détenus. L'officier se précipita sur le corps du chanteur-guitariste en criant : " Chante maintenant pour ta putain de mère ", et il continua à le rouer de coups. Tout d'un coup Victor essaya péniblement de se lever et comme un somnambule, se dirigea vers les gradins, ses pas mal assurés, et l'on entendit sa voix qui nous interpellait : " On va faire plaisir au commandant. " Levant ses mains dégoulinantes de sang, d'une voix angoissée, il commença à chanter l'hymne de l'Unité populaire, que tout le monde reprit en choeur. C'en était trop pour les militaires ; on tira une rafale et Victor se plia en avant. D'autres rafales se firent entendre, destinées celles-là à ceux qui avaient chanté avec Victor. Il y eut un véritable écroulement de corps, tombant criblés de balles. Les cris des blessés étaient épouvantables. Mais Victor ne les entendait pas. Il était mort.» (Miguel Cabezas / écrivain, témoin oculaire de la scène)

Tel est le récit du calvaire de Victor Jara, artiste chilien emblématique de la gauche révolutionnaire sud-américaine des années 60. Ca se passait au stade de Santiago du Chili, aujourd’hui rebaptisé ‘’stade Victor Jara’’, là même où il donnait des concerts populaires un an auparavant… Il était connu et adulé, mais combien d’anonymes ont péri sous la dictature de Pinochet ?

‘’Pinochet asesino !’’… Ce sont là les cris de centaines de chiliens réclamant justice lorsque l’ancien dictateur a été inculpé en 1998 par le juge espagnol Garzon pour plus de 3000 assassinats et des dizaines de milliers de cas de torture sous le joug de sa junte militaire… Malheureusement, le gouvernement britannique (son vieil allié) renonce finalement à l’extrader et le renvoie au Chili où il sera à l’abri de la justice internationale jusqu’à sa mort avant-hier ! Il ne répondra donc jamais de ses crimes devant un tribunal… Mais le peuple l’a déjà amplement condamné !

Aujourd’hui Pinochet va être inhumé… il aura droit aux honneurs militaires mais pas à des funérailles officielles ni à un deuil national. Ainsi en a décidé la présidente socialiste Michelle Bachelet, dont le père a été détenu, torturé et tué sous la dictature militaire : une belle revanche de l’Histoire !

mercredi, décembre 06, 2006

Bémol ?!

Ce post est en réalité une réaction à la censure d’un commentaire que j’ai écrit sur un article du blog d’El Greco… celui-ci n’a apparemment pas apprécié que je dise ce que je pense (et je suis loin d’être le seul) au sujet de son ‘’ami’’ Samaranch ! Il a donc écourté mon commentaire tout en gardant la partie qui lui convenait (la phrase de remerciement)… Je trouve que ce n’est pas très sport. Mais si El Greco a appris l’esprit sportif de chez M. Samaranch, ce comportement ne m’étonne guère ! Voici donc ce que j’avais écrit :

« Merci de nous faire partager tes émotions et tes souvenirs Rached ! Un petit bémol cependant si tu le permets : je ne serais pas très fier de côtoyer un personnage aussi controversé que Juan Antonio Samaranch ; ex-secrétaire d'Etat sous la dictature de Franco, il signait ses lettres d'un "je te salue le bras tendu" ! Par ailleurs, s'il a fait grandement évoluer les Jeux Olympiques, il les a aussi transformé en une gigantesque machinerie commerciale qui brasse des milliards de dollars de droits télé ! sous sa présidence, le sport est devenu spectacle de cirque et les enjeux de plus en plus élevés ont fait exploser le dopage ! je rappelle aussi tous les scandales de corruption et de pot-de-vin destinés à soudoyer les membres du CIO pour l'organisation des jeux et tous les micmacs en coulisse : c'est ça aussi le système Samaranch !! Je finirai en citant l’académicien Maurice Druon qui lui a écrit un jour dans une lettre ouverte : "Le cœur de Coubertin repose à Olympie. Est-ce à Wall Street qu’il conviendra de déposer l’urne contenant le vôtre ? " ».

Je constate de plus en plus que beaucoup de bloggers n’acceptent pas qu’on les critique ou qu’on ne soit tout simplement pas d’accord avec leur opinion. Mais où est l’esprit de dialogue dans tout ça ? Si vous ne cherchez que des remerciements et des courbettes faut se déconnecter de la blogosphère : ya assez de faux-cul et de lèche-bottes dans la vie pour gonfler artificiellement son ego !!

Leçon de vie

Vendredi dernier à Campus, l’émission culturelle de Guillaume Durand sur France2, l’artiste invité était Renaud qui parlait de la sortie de son dernier album ‘’Rouge Sang’’ et de tous les remous qui s’en sont suivis… Mais ce soir-là, ce n’est pas le passage télévisuel de Renaud qui m’a marqué : je l’ai même trouvé un peu décevant à vrai dire ! Après l’interview, Durand s’est retourné vers l’invité suivant, qui était assis à coté de Renaud, un jeune homme d’apparence sage et timide à l’allure tout ce qu’il y a de plus banal et normal ! Durand le présente : Alexandre Jollien, jeune philosophe qui publie ‘’La construction de soi’’ aux éditions du Seuil, un livre qui se veut un manuel de l’usage de la philosophie dans la quête du bonheur et blablabla. A ce stade, je me dis : encore un petit jeune à peine diplômé qui se prend déjà pour Spinoza et vient nous ressasser ses recettes de philo à l’usage des nuls !

Mais dès que Jollien prend la parole, c’est le choc : il se contorsionne pour pouvoir s’exprimer, articule avec peine le moindre mot et grimace dans l’effort afin de se faire comprendre ! Le jeune homme si normal d’apparence est en réalité un handicapé moteur cérébral qui a été victime d’un accident à la naissance : le cordon ombilical l’a étranglé empêchant l’oxygène d’irriguer son cerveau durant l’accouchement ! Je tends alors l’oreille pour pouvoir déchiffrer ce qu’il dit. L’effort vaut la peine : Jollien s’exprime avec éloquence, sa pensée est limpide et on en oublie presque sa différence !

‘’Différence’’, ce mot, que Jollien qualifie de ‘’dangereux’’, il préfère lui substituer celui de ‘’singularité’’ qui exprime mieux l’unicité de l’identité de chacun en ce qu’elle a d’exceptionnel ! Comme tout le monde, Jollien voulait être heureux… mais contrairement à d’autres, il n’a pas attendu qu’on lui offre ce bonheur, qu’on lui en fasse don de charité : si vous n’êtes pas heureux avec vous même, vous ne pouvez pas l’être avec les autres ! Avoir un bon boulot, se marier, avoir de beaux enfant n’est pas la clé du bonheur ! Il faut d’abord s’accepter et assumer pleinement sa singularité. Tel est l’enseignement majeur que Jollien a puisé dans la philosophie ! Son discours est à des années lumières des recettes à deux balles qui fleurissent sur les étagères des librairies sur ‘’Comment être heureux en 30 leçons ?’’.

Plus tard j’ai visité son site sur le net et j’ai découvert que le jeune philosophe n’était pas à son coup d’essai, qu’il avait déjà publié deux autres livres aux titres tout aussi parlants que le dernier : ‘’Eloge de la faiblesse’’ au Cerf et ‘’Le métier d’homme’’ au Seuil ! J’ai découvert aussi qu’il était resté cloîtré jusqu’à l’âge de 17 ans dans un établissement spécialisé, que les médecins le dissuadaient d’entreprendre des études de philo, qu’aujourd’hui il est marié et père de deux enfants… Bref, une vraie leçon de vie prouvant une fois encore que la volonté est au dessus de tout et que rien n’est impossible à celui qui se donne ses propres moyens de réaliser ses propres rêves !

lundi, décembre 04, 2006

Les Passantes (poème d'Antoine Pol)

Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu'on connait à peine
Qu'un destin différent entraîne
Et qu'on ne retrouve jamais

A celle qu'on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s'évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu'on en demeure épanoui

A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu'on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu'on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main

A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d'un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D'un avenir désespérant

Chères images aperçues
Espérances d'un jour déçues
Vous serez dans l'oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu'on se souvienne
Des épisodes du chemin

Mais si l'on a manqué sa vie
On songe avec un peu d'envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu'on n'osa pas prendre
Aux cœurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu'on n'a jamais revus

Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l'on n'a pas su retenir


Ce très beau poème ne nous serait peut-être jamais parvenu s'il n'était par hasard tombé entre les mains de Georges Brassens qui a eu le coup de foudre pour ce texte et l'a merveilleusement mis en chanson. En effet, son auteur Antoine Pol n'était pas considéré comme un écrivain à part entière (notamment en raison de ses activités en tant qu'industriel) et ses oeuvres n'ont eu droit qu'à des publications très confidentielles (quelques centaines d'exemplaires pour la famille et les amis).

Brassens avait bien sûr contacté Antoine Pol afin d'obtenir l'autorisation de mettre son poème en musique. Celui-ci accepta et ils avaient convenu de se rencontrer un mois plus tard... malheureusement, Antoine Pol, alors âgé de 83 ans, est décédé une semaine avant la rencontre ! Brassens a toujours regretté de ne pas l'avoir connu !

mardi, novembre 28, 2006

Conversation...

- Quand est ce que tu rentres ?
- A 23 H…
- C’est un peu tard, non ?
- Je n’crois pas…
- Tu m’aimes ?
- …
- T’as appelé ton frère ?
- Non.
- Il est malade…
- Qu’il crève !
- Ne dis pas ça !
- Pourquoi ?
- C’est ton frère…
- C’est un vrai salaud aussi!
- Ne dis pas ça…
- …
- Tu m’aimes ?
- …
- Pourquoi tu n’dis rien ?
- Parce que je n’ai rien à dire !
- Tu ne m’aimes plus alors ?
- …
- Dis le si tu ne m’aimes pas !
- Non, c’est pas ça…
- Moi je t’aime, tu sais ?
- …
- Pourquoi tu m’fais ça ?
- Je suis fatigué…
- C’est ce que tu dis tout le temps !!
- Je dois te laisser…
- Non s’il te plais… ne raccroche pas !
- Je dois appeler quelqu’un.
- Ah ! encore elle…
- …
- Tu l’aimes plus que moi ?
- …
- Quand est-ce que tu viens ?
- Je n’sais pas…
- Ca fais longtemps tu sais ?
- N’exagère pas !
- Tu m’manques beaucoup mon chéri.
- Ce n’est pas le moment…
- Ce n’est jamais le moment avec toi !
- Ce n’est plus comme avant…
- Je veux te voir !
- Je t’ai dit que je n’peux pas !!
- T’as pas le droit !
- Ecoute, ça ne mène à rien…
- Je t’en prie, ne m’abandonne pas !
- Au revoir maman !
- Attend, je…

vendredi, novembre 17, 2006

JCC ? Journées du Cinéma Censuré !

… où Jeux de Coupes aux Ciseaux ! Hier je me suis rendu à la projection programmée à 15H au Parnasse de ‘’La saveur de la pastèque’’, film taiwanais du réalisateur Tsai Ming-liang ayant reçu, entre autres, le prix FIPRESCI de la Critique Internationale au Festival de Berlin en 2005. Sachant que le film comporte de nombreuses scènes érotico-pornographiques et qu’il a été interdit aux moins de 16 ans lors de sa projection en France, j’ai bien pris soin de m’assurer lors de l’achat de mon ticket qu’aucune ‘’rectification’’ n’a été apportée au programme affiché sur le guichet. Mais comme chez nous la censure s’exerce de façon discrète et sournoise, l’affiche n’a été changée qu’un quart d’heure avant la projection ; le mensonge en plus, puisque le guichetier m’a affirmé avec véhémence que la nouvelle affiche était là depuis longtemps !! J’ai pu donc constater, à mes dépens, que le film a été purement et simplement annulé et remplacé par un autre au dernier moment, comme si de rien n’était !

Cet épisode ne vient que s’ajouter à d’autres ayant entaché par le passé les JCC… Je pense notamment à l’interdiction du film ‘’Fatma’’ de Khaled Ghorbal lors de la session 2002 : on avait été évacué de la salle de l’ABC alors que la projection allait débuter ! Dehors y’avait une mini manifestation de pseudos militants se réclamant d’un syndicalisme douteux et bien connus du Campus de la Manouba où ils exercent leur art de la vocifération haineuse. Ils haranguaient la foule de boycotter le film sous prétexte qu’il avait été projeté en Israël et que son réalisateur était un pro-sioniste favorable à la normalisation avec l’Etat hébreu !! Tout cela sous le regard passif de nombreux policiers et à deux pas du Ministère de l’Intérieur… C’est surtout parce que le contenu du film dérangeait plus d’un et qu’il montrait une face peu reluisante de la condition féminine dans notre société qu’il a été mis à l’Index !

Je veux bien qu’on prétende que les JCC sont une manifestation d’ouverture à tous les Cinémas et véhiculant les plus hautes valeurs de liberté et de tolérance… Mais si les organisateurs n’arrivent pas à assumer leurs choix de programmation, il faudrait être plus honnête et ne prévoir dans ce cas que des films bien gentils et bien lisses, caressant le Public dans le sens du poil et évitant de heurter la sensibilité des uns ou des autres. Mais qu'y gagnerait-on ?

mercredi, novembre 15, 2006

De Retour...

... enfin ! Après presque deux mois de silence (forcé). La Blogosphère m'a manqué durant cette période. En y faisant un petit tour, j'ai d'ailleurs remarqué que la plupart n'ont pas chômé !

Merci à tous ceux qui ont visité mon île durant mon absence et à très bientôt pour de nouveaux posts !

mardi, septembre 26, 2006

... et moi et moi et moi !

J’ai assisté la semaine dernière au congrès organisé à l’occasion de la Consultation Nationale sur l’Exportation en présence de nombreux responsables politiques dont le chef du gouvernement et quatre de ses ministres ainsi que d’un très grand nombre d’entrepreneurs et d’hommes d’affaires.

Lors des ateliers organisés à l’occasion, les participants étaient invités à poser leurs problèmes et à apporter leurs suggestions. J’ai été alors frappé par l’esprit individualiste et attentiste de la plupart de nos chefs d’entreprises. En effet, malgré toutes les aides, les exonérations et les subventions accordées par l’Etat aux exportateurs tunisiens, ceux-ci en réclament toujours plus ! On pouvait, ainsi, entendre des propositions de toute sorte. Encore plus de réductions fiscales bien sur, mais aussi des demandes plus fantaisistes tel que la suppression ou l’allègement des condition d’octroi du certificat de garantie sanitaire qui, aux dires d’un participant, entrave la bonne marche de ses affaires. Je citerai aussi cette femme d’affaire qui exporte pour plus de 6 millions de dinars par an et se plaint du coût du téléphone et « d’avoir à payer à chaque fois la place de parking à l’aéroport ». Cette dernière lamentation a recueilli, par ailleurs, le plein assentiment de l’assistance qui l’a salué d’applaudissements nourris !!

Le plus étonnant c’est que nombre d’entrepreneurs sont ignorants d’une bonne part des aides déjà disponibles et des démarches pour en bénéficier ! Ils sont aussi très peu présents sur le net et n’ont pas encore conscience qu’investir dans la mise en valeur de ses produits à travers un site moderne et attractif est, de nos jours, la meilleure façon de se faire connaître de par le monde.

Pour caricaturer, je dirai que beaucoup de chefs d’entreprises tunisiens aimeraient que l’Etat vienne les prendre par la main, les présente à des partenaires étrangers, s’occupe de l’acheminement de leur marchandise, paye leurs charges et les dispense d’impôts : c’est à croire qu’ils ne veulent faire que du profit pur pour leur seul bénéfice personnel !

On ne peut reprocher à un entrepreneur de chercher à s’enrichir ; mais si l’Etat et la communauté nationale y contribuent à grands frais, c’est pour qu’il y est des retombées sur toute la Nation. John Kennedy avait dit un jour : « Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays »… mais là on touche à une autre mentalité !

mardi, septembre 12, 2006

Le péril vert…

Vendredi dernier je passais à Cité el Khadhra sur une artère principale, il devait être 17h et la circulation était très perturbée. En arrivant au niveau de la mosquée, j’ai vite compris l’origine du bouchon : c’était la sortie des ‘’fidèles’’… si nombreux !! Pourtant l’heure de la prière du vendredi était bien passée. Ce qui m’a interpellé (outre le nombre) c’était l’apparence vestimentaire de l’écrasante majorité de ces personnes. On se serait cru dans un quartier populaire d’Alger (ville que je connais bien) : des barbus de tout poil habillés en qamis et babouches et même quelques enturbannés ; mais aussi beaucoup de femmes et de jeunes filles (certaines ne dépassant pas les 15 ans) voilées de la tête au pied !

Pour le musulman (très) modéré que je suis, le choc visuel est rude. Je suis bien en Tunisie, entouré par des intégristes. Oui, des intégristes ! J’entends d’ici ceux parmi vous qui pensent que c’est exagéré. A ceux-là je rappelle que le terme est tout à fait adéquat, en me référent à la définition de l’Encyclopaedia Universalis. Intégriste : « partisan d'un mouvement exigeant l'application intégrale des textes religieux à la vie publique d'un pays ». Quel autre but ces gens-là poursuivent-ils ? Qu’ils le taisent ou le proclament, l’objectif pour eux est clair : l’islamisation de la société et des institutions ! Pour ces extrémistes, tout est religion, tout est dogme… qu’ils s’imposent et imposent aux autres !

« Si tu diffères de moi, loin de me léser, tu m’augmentes » disait Saint-Exupéry. L’islamiste ne l’entend pas de cette oreille. La simple différence est intolérable pour lui. Celui qui ne se comporte pas selon le strict dogme salafiste est considéré comme un apostat, voire un impi ! Son élimination devient une priorité car il contamine le reste de la société, il corrompt les âmes pures des fidèles !

Le régime islamiste est une forme de fascisme, il est anti-démocratique et anti-républicain. Les gardiens du dogme y sont des privilégiés, ils constituent une classe supérieure s’accaparant l’autorité suprême pour ne jamais la lâcher. S’ils utilisent les leviers de la démocratie pour conquérir le pouvoir, ils font vite table rase de ses valeurs dès qu’ils arrivent à leur fin. La démocratie est certes le pouvoir de la majorité, mais c’est aussi le respect des minorités et la garantie d’équité pour eux. Or dans un régime islamiste, les minorités n’ont pas droit de cité ou, au mieux, sont considérés comme des citoyens de second ordre.

Si la voie des urnes se refuse à eux, les islamistes n’hésitent pas à brandir les armes en proclamant le Djihad. La conquête du pouvoir légitime tous les moyens. Ils font régner la terreur et usent de toutes les méthodes susceptibles de faire plier l’Etat et le peuple. Il n’y a qu’à se rappeler ce qui s’est passé en Algérie durant la décennie noire pour voir ce dont ils sont capables : des dizaines de milliers de morts et de disparus, des villages entiers décimés, des viols collectifs, des enfants et des vieillards égorgés, des bébés jetés aux fours… pas de limites dans l’horreur !

Ces individus constituent une minorité dans la société tunisienne… mais c’est une minorité qui s’active dans l’ombre, qui recrute et s’agrandit plus vite qu’on ne le pense. Par le passé, ils trouvaient leurs partisans parmi les plus défavorisés auxquels ils faisaient miroiter un futur meilleur avec la garantie d’un emploi : c’est facile, il suffit de remettre toutes les femmes à leur place, c’est à dire au foyer ! De nos jours ils ratissent bien plus large et leur discours séduit aussi des étudiants, des cadres, des fonctionnaires, des commerçants et des entrepreneurs. L’idéologie qu’ils prônent n’est plus si étrangère car elle est véhiculée par les médias moyen-orientaux, les chaînes satellitaires telles Iqraâ ou Al Manar. La ‘’guerre contre le terrorisme’’ lancée par les Etats-Unis il y a cinq ans n’a fait que radicaliser les esprits et a transformé les Ben Laden, Nasrallah et Ahmadinejad en héros de la cause islamique… faute d’alternative crédible. Autant choisir entre la peste et le choléra !

Aider ces extrémistes, c’est la promesse d’un avenir sombre pour nous et nos enfants. Il faut donc rester très vigilent, ne pas les soutenir ni se liguer à eux. Il ne faut pas hésiter à défendre les acquis républicains et s’ériger en rempart contre toute forme de retour en arrière. Dans cette lutte, le rôle des femmes est primordial. Elles doivent monter au créneau chaque fois qu’on tente de minimiser leurs droits car c’est une porte privilégiée pour ceux qui veulent renverser nos lois. Les intellectuels doivent s’activer et se battre pour les valeurs de tolérance et de liberté en évitant de frayer avec les intégristes. Il faut aussi accepter les mesures visant à endiguer le prosélytisme et les signes religieux ostentatoires (comme le voile) dans les milieux scolaires et administratif. C’est une limitation des libertés, certes, mais c’est à ce prix là qu’on arrivera peut être à contenir ce fléau qui ronge notre société.

vendredi, septembre 08, 2006

Quoi d'neuf docteur ?


Nous aussi on a nos sorciers et marabouts...
mais lui il est trop fort !!!

mercredi, septembre 06, 2006

Clichés... (1ère)

Date : 06/09/2006 à 14h
Lieu : Tunis, croisement Av. Kheireddine Bacha et Av. Mohamed V
Temps : Chaud et ensoleillé, légère brise

A l'angle du croisement se trouve une agence bancaire. A coté, un bus d'une compagnie privée qui assure la liaison Marsa-Tunis est arrêté juste devant le feu avec une file énorme de voitures derrière, en pleine heure de pointe. Jusque là rien d'anormal a priori. En arrivant au niveau du bus, je suis bousculé par un homme et une jeune femme qui courent du distributeur à billets pour s'engouffrer par la portière avant qui est ouverte. je me dis sur le coup que le chauffeur est bien gentil de les embarquer alors qu'ils ne sont pas à une station de bus. Illusion ! je ne crois pas mes yeux quand je vois le monsieur s'assoire sur le siège (vide) du chauffeur et la demoiselle prendre sa place de receveuse !!!

No comment... bienvenue en Tunisie !

lundi, septembre 04, 2006

La beauté de l'Art...

« Picasso m'a enseigné à courir plus vite que la beauté ; je m'explique : celui qui court à la vitesse de la beauté ne fera que pléonasme et carte-postalisme. Celui qui court moins vite que la beauté ne fera qu'une oeuvre médiocre ; celui qui court plus vite que la beauté, son oeuvre semblera laide, mais il oblige la beauté à la rejoindre et, alors, une fois rejointe, elle deviendra belle définitivement. » (Jean Cocteau)

Pour durer il faut être visionnaire. C'est simple... et si compliqué ! Ceux qui auront choisi la voie de la facilité en collant aux tendances (commerciales) de l'époque ne bruleront que d'un feu de paille et se trouveront vite relégués aux oubliettes.

samedi, septembre 02, 2006

Hiérar...chie




Que les emmerdés de la base se rassurent : en levant les yeux, ils ne verront que des trous du cul !!